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André Cervera

Présentation

Né en 1962, André Cervera est un artiste peintre voyageur qui vit et travaille à Sète, tout en parcourant le monde au gré de ses voyages et de ses rencontres.
Dans les années 1980, au sein du groupe Yaros, il explore l’idée d’un art total associant peinture, poésie et musique, dans une volonté de décloisonner les disciplines et de faire dialoguer les formes d’expression. Depuis prés de trente ans, ses voyages en Afrique, en Inde ou en Chine nourrissent sa recherche artistique. Curieux des cultures et des représentations collectives des sociétés traditionnelles, il s’attache à découvrir d’autres manières de voir et de comprendre le monde. Ces rencontres constituent une source essentielle d’inspiration. Elles enrichissent son vocabulaire plastique, renouvellent ses techniques et viennent dialoguer avec son propre imaginaire.

Portfolio

BIOGRAPHIE

Né en 1962, André Cervera est un artiste peintre voyageur qui vit et travaille à Sète, tout en parcourant le monde au gré de ses voyages et de ses rencontres.
Dans les années 1980, au sein du groupe Yaros, il explore l’idée d’un art total associant peinture, poésie et musique, dans une volonté de décloisonner les disciplines et de faire dialoguer les formes d’expression.
Depuis prés de trente ans, ses voyages en Afrique, en Inde ou en Chine nourrissent sa recherche artistique. Curieux des cultures et des représentations collectives des sociétés traditionnelles, il s’attache à découvrir d’autres manières de voir et de comprendre le monde.
Ces rencontres constituent une source essentielle d’inspiration. Elles enrichissent son vocabulaire plastique, renouvellent ses techniques et viennent dialoguer avec son propre imaginaire.
Sans chercher à reproduire ce qu’il découvre, André Cervera transforme les expériences vécues en une matière picturale personnelle, où se croisent influences culturelles, liberté du geste et inventivité.
Son œuvre témoigne ainsi d’une peinture en mouvement, nourrie par le voyage et l’altérité, dans laquelle la rencontre avec l’autre devient un véritable moteur de création.

TEXTE DE PRESSE

Dans les années 70, André Cervera est déjà fasciné par la peinture mais plus encore, par le fait même de peindre. L’heureuse ascendance de son grand frère Michel Zoom, « poète de la Figuration Libre », et les encouragements nourris de Robert Combas qui ont tous deux quelques années de plus, lui donnent le courage de se lancer, d’oser enfin. Il exposera même avec ces aînés en 1978 dans la revue d’Hervé Di Rosa, Katty Brindel, Combas et les Bazooka : « Bato ».
Il intègre finalement la préparation de l’Ecole des Beaux-Arts à Sète, où règne Madame Mancié qui a couvé, quatre ans auparavant, les trublions de la future Figuration Libre. Il sera reçu ensuite à l’École des Beaux Arts de Marseille avec Aldo Biascamano. Tous deux, grâce à la patience de Max Charvolen, professeur d’art, vivent presque religieusement le choc de la rencontre avec l’œuvre d’Yves Klein, artiste absolu, maître en énergie pure, chamane lumineux. Rejoints par Tino Cosentino, ils créent le groupe « Yaros » et fuient les écoles et les cursus studieux. Les trois Yaros vont s’exprimer avec rage, pour un « art total », une pratique quasi tribale. Peintures en direct à 6 mains, sur tous supports, happenning, provocations drôlatiques. Ils prônent, dans un simulacre joyeux, la transe poétique, mêlent théâtre, cinéma expérimental, performances hallucinées. Ils réalisent un petit film manifeste qui dit en substance : « Vive le mange, le boire, le cul, le battre, la jave ! ». Ils multiplient les actions, écrivent de courts contes poétiques en quelques minutes, sous l’effet de psychotropes variés. Le rock ‘n roll brûle. L’aventure des Yaros aura duré de 1982 à 1986.

Les peintures d’André Cervera, traduisent toujours cette rage, maîtrisée, certes aujourd’hui, et conduite avec virtuosité. Les saynètes, le théâtre, les huis clos poétiques sont guidés par des courts scénarii. À la différence des Figurations Libres, André Cervera s’exprime dans un style très expressionniste. Celui de Kokochka ou Ensor et le trait noir épais du mouvement Die Brücke. Mais son expressionnisme s’affirme de plus en plus « latin » et s’inspire au fur et à mesure des voyages, de la magie ou de l’animisme des si mal nommés « primitifs ».
Le Sénégal sera sa première destination en 1994. Après trois ou quatre jours passés dans les quartiers chauds de Dakar, il part pour Touba. Il souhaitait s’immerger dans l’animisme, il rencontrera une profonde dévotion musulmane. Il se coule dans la ville sainte, aspire parfums, couleurs et paroles avec passion. Il mémorise. Plusieurs peintures surviendront ensuite en atelier, notamment « Le petit village» où il est question de la déliquescence du christianisme. Sa rencontre avec l’animisme viendra bien plus tard…
La même année, au mois d’août il est invité en Croatie à Pakracs, sur le lieu mémoire des débuts du conflit serbo-croate. Il offre un grand triptyque au Musée de la ville : « Hier / Aujourd’hui/ Demain », soit : la guerre inepte, le souvenir pieux et… la renaissance cynique du commerce roi. La mort plane sur des fantasmes de paysages décharnés.
En 1995, il réalise une série de peintures inspirée par un voyage imaginaire au Mexique, en noir et blanc, il inaugure l’usage du collage et du papier kraft. Il parle d’un « voyage effleuré », inspiré par une camarde déjantée, pour exorciser sans doute.
C’est invité en résidence au Maroc à Tetouan, l’année suivante, que naîtra le désir de réaliser une série de peintures d’animaux totémiques de plusieurs villes du Languedoc. En 1997 il peindra huit mises en scène, traitées de façon héraldique : le loup de Loupian, le bœuf de Mèze, le chameau de Béziers, le cochon noir de St André de Sangonis, la chèvre de Montagnac, l’âne de Gignac, le hérisson de Roujan et… la sirène de Sète qu’il préfère, désinvolte, à la baleine singulière.
Invité par un ami collectionneur, il part en 2001 au Mali, en pays Dogon. Sa fascination pour les films de Jean Rouch et Marcel Griaule a longtemps nourri ses rêves d’histoires et son intérêt pour l’animisme. André Cervera, vit une expérience forte, chamanique, à l’ombre de ces falaises rouges. Il y fait un second voyage en 2002. Il est autorisé à entrer dans la maison des masques et reçu par le hogon, gardien des fétiches et chef Dogon, c’est que sa peinture et plus encore sa façon de peindre fascine en retour ses hôtes.
Il s’embarque pour un périple initiatique dans le désert. Il peint en compagnie d’un artiste burkinabé et utilise les matériaux trouvés sur place, la terre, le batik, ses couleurs s’affirment, le rouge, l’ocre, le noir, le bleu. Mais surtout - et comme pour ses deux voyages suivants en Inde – André Cervera compile, enregistre les codes symboliques, les mythologies, les histoires.
En 2003, 2004, 2012 et 2016 il voyage des mois durant de Pondicherry à Kolkata, se perd dans les dédales populeux de Chennai, Vanarassi ou Mumbai. Il découvre et se prend de passion pour l’art des patuas, ces artistes troubadours originaire du West Bengale. Face à la profusion et la luxuriance des formes et des couleurs indiennes, il oppose son style dépouillé expressif et intérieur, en noir et blanc. Il s’émancipe d’un dessin trop raffiné. Son regard reste occidental, ses mises en scène sont immanquablement guidées par le théâtre ou le huis clos cinématographique, mais il y fait intervenir des éléments de légendes, des saynètes symboliques, glanés au fil de ses rencontres. Masques dogons, Ganesh, Kanapa, Shiva, croisent une gazinière ou une télé pour une expression directe de la magie au quotidien.
Depuis 2006, il est régulièrement invité en résidence en Chine (Shanghai et Pékin) où il a réalisé de nombreuses expositions personnelles. Durant ces séjours chinois, tout est prétexte à fabriquer de la matière graphique et sa peinture, au contact de la Chine en pleine mutation, paradoxalement, s’est déplacée vers plus de précision, de netteté, de rigueur dans le dessin, l’application des couleurs et des collages.

Au fur et à mesure de ses voyages, André Cervera aiguise son style, choisit ses tampons, ses techniques de coulures pour réaliser ses cernes de couleur, réduit ses teintes, travaille le collage, les enduits, les glacis, les transparences, use de papiers rares, peaufine ses motifs et nourrit son imagination débordante. Abusivement assimilé à la Figuration Libre du fait de ses racines, André Cervera a, en une vingtaine d’année, développé ce que l’on pourrait qualifier d’ «expressionnisme latin», affirmé avec de plus en plus de maîtrise et de rigueur.
L’urgence de peindre le dévore. La peinture le brûle et le consume en un rituel vital, une obsession, un exutoire : peindre à l’excès pour peindre l’excès. Lorsqu’il peint il nous dit son propre rapport au monde dans ce qu’il a de démesuré. C’est à corps perdu qu’il se jette dans la peinture de la même façon qu’il raconte avec une exubérance exaltée les événements de chaque jour.

Depuis une dizaine d'années, André cherche les incidents dans sa peinture, les accidents, même. Il réalise une toile puis l'enterre dans son jardin. Il recouvre l'œuvre de terre, de feuilles, d'humus et laisse faire plusieurs jours. Lui seul sait combien de temps et comment. Avec ou sans soleil, avec ou sans pluie. Après cette épreuve chtonienne avec ou sans divinités infernales, il déterre sa toile, la brosse et observe ce que la nature a mangé, ce qu'elle a laissé. Puis il repeint, fixe, cerne de nouveaux motifs apparus, nouvelles formes qu'il souligne. Il y a un aspect rupestre et pariétal par la minéralisation qui s'opère comme si la peinture se transformait en pierre. La pétrification est si courante dans nos mythologies, ainsi Léthéa, coupable d'être trop fière de sa beauté n'est plus qu'un rocher sur l'humide sommet de l'Ida. (Ovide les métamorphoses, X, 47-74).
André Cervera cherche, il ne punit pas sa toile, il l'augmente. Ainsi, plusieurs couches se sédimentent. Certaines figures ont presque disparu, d'autres surviennent à la surprise de l'artiste.

L'atelier d'André est aussi et souvent le théâtre d'expériences ou même de performances que l'artiste réalise seul. Il s'impose des contraintes qui offrent à la peinture des univers nouveaux. Ainsi, il peut dessiner les yeux bandés. Il imagine un dessin, des situations de personnages, se bande les yeux et attaque la feuille. Les résultats sont remplis d'une étrange énergie. Lui, parle de décalage entre l'idée - l'image mentale - et la main. Ici encore André Cervera cultive l'incident jusqu'à l'accident. Il explique que les yeux nous interdisent des formes nous forçant à rester dans le monde du probable. On pourrait relire Jean-Luc Parant, bien sûr : « …/...et nos yeux et nos mains sans fin se dissimulent sous nos pieds et nous sommes le voile de notre étendue illimitée et l'infime étoile d'une nuit et l'infime visibilité d'une infinie invisibilité../…». Les immenses litanies chamaniques de Jean-Luc Parant répondent sans doute aux dessins automatiques et innombrables d'André Cervera. De ces nombreuses tentatives à l'aveugle, André extrait certains dessins qu'il reporte sur de grand papiers marouflés sur toile. Ces traits secs offrent une trame de départ pour une peinture elle aussi expérimentale. Il n'utilise que de l'eau, du brou de noix qu'il fabrique, un rouge de cinabre et de l’acrylique noire. Parfois se frottent l'huile et l'eau dans une surprenante alchimie de la métamorphose. A l'aide d'outils qu'il façonne au fur et à mesure des peintures, les formes prennent place aux limites de l'abstraction. Mais peut-on encore parler d'abstraction quand c'est tout un univers qui se révèle à la surface du papier ? Des paysages délicats, des sédiments et couches topographiques, des textures de roches ignées, des bleus-noirs d'obsidiennes, des bassins hydrologiques, des lisières de forêts sombres, des écumes et tant d'autres effets telluriques. La nature a des raisons que le pinceau ignore et ici, à la surface, elle s'exprime comme elle sait partout le faire. Il y a ainsi des lois inscrites au plus profond qui façonnent les matières organiques ou minérales.
Roger Caillois écrit : « Sur des agates, on peut apercevoir un arbre, des arbres, des bosquets, une forêt, un paysage entier ; ou sur un marbre, conjecturer une rivière avec des collines qui en bordent le cours ; ou des éclairs et les nuées d'un orage, les neurones de la foudre et les grandes plumes de givre.../... Je m'en tiens à la concurrence que font aujourd'hui les réussites de la nature aux œuvres des peintres.../... » (in l'Ecriture des pierres, 1970).
André utilise beaucoup d'eau et donc règle un temps de séchage particulier à chaque peinture. Enfin, il lui arrive de ré-intervenir en cours de séchage avec son cerne que lui seul domine. Mais chacune de ces peintures est réalisée en une seule fois, dans un temps donné assez court. Là, il n'y aura pas de repentir. Il s'agit véritablement de peintures performatives guidées par la faculté de l'artiste à entrer en résonance avec le vivant et conduit par lui.

En public, depuis quelques années, André Cervera renoue avec les pratiques rituelles qu'il convoquait au début des années 80 avec les Yaros. Aujourd'hui, peintre-voyageur et grand connaisseur de Jean Rouch et Marcel Griaule, André a vécu de près de nombreuses séances chamaniques au Mali, en Inde ou ailleurs. Les rituels auxquels il nous invite nous mettent plutôt en situation de danse collective que de transe partagée. Il s'agit surtout de nous présenter un vif moment de peinture, en musique, pour entendre le désarroi de l'artiste face aux immenses inquiétudes contemporaines, sociétales, environnementales ou politiques que nous subissons toutes et tous. Il invoque l'esprit du vent, de la pluie, du feu, des pierres, de la terre, des rivières et des océans pour ensemble célébrer le vivant. Il incante : Éveillons-nous ! Réveillons nous ! Il est accompagné ici d'une musicienne, Maïa Barouh, flûte et tambourin ou ailleurs de Marco Il Petrigno à la guitare et Gloria Tricamo à la batterie ou encore Toni Truant et sa guitare enflammée. Ce qu'il nous dit est simple. En Sicile, par exemple : « En ces temps d'incertitudes et de troubles, nos valeurs de fraternité et de solidarité sont bafouées. Sur cette terre de Palerme entourée de volcans, je viens humblement célébrer avec vous le vivant.../...  J'invoque la lumière et la chaleur fraternelle de l'élément feu.../... ». André tourne autour d'une grande feuille de papier blanc, parfois il porte et dépose un masque de bois, une racine, de l'eau ou une pierre au bord. Puis d'un geste sûr et vif, il peint. Étale des couleurs, puis les cerne à l'aide de ses outils si caractéristiques, intervient ici ou là comme un musicien qui jouerait sur un immense clavier posé au sol. Il arrive que l'œuvre prenne feu, au sens propre comme au sens figuré.
Pour ces performances ritualisées, André Cervera revêt un masque de papier couvert de figures peintes, comme le sont ses vêtements. Parfois plusieurs personnes assistent l'artiste, elles aussi sous un masque. Nous sommes ainsi immergés dans la peinture de l'artiste, celle nourrie par son rapport au monde fait d'une lutte acharnée pour nous extraire de nos certitudes occidentales délétères. La vérité du monde est bien plus vaste que nos technologies, bien plus vaste aussi que ces évidences de surface économique et de pouvoir malin. Nous le savons tous au fond de nous mais nous nous interdisons de le dire et même de le penser... André se charge de l'exprimer avec nous dans une langue immémoriale et claire.

Le masque est omniprésent dans la peinture d'André ainsi que les saynètes d'intérieur déployées au fil de ses toiles et dessins. Elles peuvent souligner le drame, les faits étranges ou mythologiques qui se trament au cœur du foyer. Inspirations tragiques et universelles qui se jouent dans l'intimité. Les protagonistes y sont généralement masqués, comme le sont les ambivalences intrinsèques des êtres et des situations. Le masque est commun à l'ensemble des sociétés humaines, du plus profond de nos campagnes aux îles les plus lointaines. Il nous dit, simplement, l'ambigüité du monde et du vivant, la nuit, le jour mais aussi les aubes et les aurores, les brunes et les crépuscules, la paix et la peur, le rire et les larmes.

Toujours à la recherche d'inspiration et d'échanges, après les partages au Mali, André a séjourné à plusieurs reprises en Inde. C'est lors d'un de ces voyages, en 2004, qu'il rencontre les Chitrakar. Cette famille ou lignée d'artistes Patuas peignent sur de longs rouleaux de papier marouflés sur tissus, des scènes tirées des grands mythes de l'hindouisme comme le Ràmàyana, le Mahàbhàrata ou les Puranas, ou des textes musulmans ou, plus crument, d'actualité, comme le 11 septembre, le remembrement agricole, le pillage du coton par les multinationales, Bophal, les migrants, les tsunamis et autres informations qu'ils s'appliquent à peindre pour les chanter au fur et à mesure du déroulement des peintures, aux spectateurs qui souvent ne savent pas lire. Le gouvernement indien peut parfois faire appel aux patuas pour transmettre des informations particulières sur la santé ou l'éducation... Très sensible à cet art populaire et à sa vocation de transmission par l'image et le chant, André Cervera laissera mûrir en lui ce désir de mieux rencontrer ces artistes et tenter une collaboration à quatre mains. Le projet verra le jour en 2016 où il séjourne plusieurs mois dans l'ouest du Bengale. Il est accepté par cette communauté et rencontre Swarna Chitrakar. C'est une femme puissante et déterminée, une artiste qui a déjà un long parcours de patua que le grand public reconnaît et admire. Elle est aussi sollicitée par de grandes galeries en Inde et en Occident. Swarna est très naturellement intéressée par ce type de rencontre et d'échange artistique qui sont inscrits dans la pratique même des patuas. La curiosité est réciproque, l'échange s'approfondit... Ainsi, André Cervera peint aux côtés de Swarna Chitrakar. L'une dans son style de cernes et couleurs vives en a-plats aux formes et êtres symbolisés avec finesse, André avec ces cernes blancs, ses formes aigües et hirsutes et ses matières de couleurs. Ces deux styles différents s'approchent de plus en plus, dialoguent, jusqu'à s'exprimer ensemble sur la toile. C'est sans doute une expérience artistique rare et remarquable que les mots ne sauront jamais exprimer dans toute la profondeur de sa vérité. Les toiles ainsi réalisées à quatre mains seront présentées de février à mai 2018 au Musée Paul Valéry à Sète lors de l'exposition 4 à 4. Le choc est réel, les images saisissantes et l'énergie ressentie semble venir du tréfonds des mémoires. Or, par dessus tout, l'humilité ainsi qu'une étrange forme de joie semble habiter autant Swarna qu'André, comme si enfin soulagés, ils avaient tous deux terrassé les figures infernales qu'ils ont peint.

Il n’y a pas de sophistication dans le discours d’André Cervera, la parole, en cascade, est guidée par l’émotion, la vérité. Aujourd’hui, l’artiste est comblé, invité dans le monde entier. Pour l’enfant de Sète, qui, comme les artistes de la Figuration Libre, vient du peuple, c’est une sorte de revanche, un hommage obstiné à son père qui en d’autres temps s’est fait lâchement voler sa révolution en Espagne.
Ph. SAULLE

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